Miracle de Dunkerque

Les Français ne considèrent pas ce qui s’est passé fin mai 1940 à Dunkerque comme un grand miracle et n’aiment pas trop en parler. Apparemment, ils ne peuvent pardonner à Churchill d’avoir laissé au port 15 000 soldats français. Beaucoup de russophones considèrent généralement cela comme une fuite honteuse et en éprouvent un léger mépris. Cependant, ce qui s’est passé, ne peut pas être nommé autrement que miracle. .

C’est bien connu que la France et l’Angleterre ont été les premières à entrer en guerre contre l’Allemagne nazie – le 3 septembre 1939, deux jours après l’invasion de Hitler en Pologne. Après la Première Guerre mondiale dévastatrice, quand un homme sur quatre fut tué, et un sur deux revint avec un handicap considérable, la France avait des perspectives peu lumineuses.

L’atout principal était la ligne Maginot. La construction du système de fortifications le long de la frontière entre la France et l’Allemagne de Belfort à Longuyon a commencé dès 1928, grâce aux efforts du ministre de la guerre d’alors, André Maginot, vétéran de la bataille de 1916 à Verdun. Pendant cinq ans, 42 fortifications défensives, 79 bunkers, 500 blockhaus et un nombre incalculable de blindés ont été construits. Maginot prévoyait de continuer sa ligne le long des frontières avec la Belgique, le Luxembourg, et en même temps avec la Suisse et l’Italie, pour, au cas où, bien protéger la France de tous ses voisins. Mais en 1932, il a attrapé le typhus et est mort subitement.

La catastrophe est venue de là où l’on l’attendait pas. Au lieu de marcher, comme tous les honnêtes gens, par la frontière avec les fortifications, les Allemands ont envahi la France via la Belgique avec une marche rapide et précise, passant littéralement en une nuit les forêts et les marais des Ardennes, considérés comme un obstacle naturel.

Les chars ont facilement surmonté ce qu’un quart de siècle avant, les hommes n’avaient pas pu faire. Mais personne n’attendait un tel déroulement des évènements. Les Français et leurs alliés, les Britanniques ont rapidement perdu leurs positions et ressources humaines, poussés par les troupes allemandes sur la côte ouest de la France. Jusqu’à ce que le 20 mai, le Premier Groupe d’armées des Alliés (environ un demi-million d’hommes) soit coupé et repoussé à la mer dans les régions de Gravelines et Arras. Les ports de Boulogne et Calais sont tombés. Il n’y avait nulle part où se retirer – La Manche était derrière eux, et il y avait deux options: se noyer, ou essayer de passer par Dunkerque.

Winston Churchill espérait encore quelque chose et retardait la retraite. Pour l’évacuation, que l’on a appelé «l’Opération Dynamo» furent rassemblés 693 navires anglais et 250 français. Il n’était pas possible d’évacuer cette quantité d’hommes. Ce qui était particulièrement difficile, c’était de s’échapper en même temps que repousser les Allemands.

Et soudain, deux miracles se sont produits.


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Publié dans « 5ème République » №17 – abonnez-vous au magazine

 
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