Lourdes: miracles sans démystification

Il n’est pas indispensable de croire au miracle. N’importe qui pourrait voir, entendre ou inventer quelque chose, et ensuite interpréter en fonction de ce qu’il aurait retenu. On ne sait pas pourquoi certains des récits n’inspirent aucune confiance et sont oubliés aussitôt même par des contemporains, et d’autres deviennent des faits historiques. Cela ne vient apparemment pas du talent du narrateur et de certaines circonstances, mais de quelque chose d’inexpliсuable.


Deux miracles sont liés à Lourdes. Le premier – c’est l’apparition de la Sainte Vierge, dont bien sûr beaucoup doutent, car seule une fillette illettrée l’aurait vu. Et le second – c’est la guérison des malades venus dans ce lieu, et ceci est un fait médical prouvé, ce qui veut dire que le premier pourrait avoir eu lieu.
Bernadette, une jeune fille de quatorze ans d’une famille nombreuse d’un meunier et d’une blanchisseuse, ramassait du bois de chauffage dans la forêt. Elle avait ramassé du bois la veille, sans avoir rien vu de spécial. Et ce jour-là, le 11 février 1858, elle y remarqua une lumière, à l’entrée d’une caverne discrète, que les habitants appelaient Massabielle. Elle s’approcha et vit « une noble dame en robe légère ». La fille n’en parla à personne, mais la fois suivante, elle revit la même « noble dame ». Au total, Bernadette a vu ce phénomène dix-huit fois, mais les cinq premières toutes ses questions sont restées sans réponse.

Ici il faut dire que Bernadette vivait dans l’ignorance complète, elle n’avait pas de chance avec ses parents. Ils buvaient fort, prêtaient peu d’attention aux enfants, et ruinèrent leurs affaires au point que leur progéniture devait souvent gratter la cire du sol de l’église pour au moins se nourrir. En conséquence, ils n’ont pas du tout donné d’éducation à Bernadette, la croyant sincèrement retardée mentale. À l’époque de la rencontre historique avec la « jeune femme en blanc », Bernadette pouvait à peine lire et ne connaissait que trois prières qui, de toute manière ne l’avaient pas vraiment aidée. La fille ne pouvait même pas deviner qui était cette « dame étrange », alors elle a décidé de partager ses visions avec le prêtre local, le père Peiramal. Il décida que ce phénomène n’était pas de nature divine, mais démoniaque, et il en informa toute la ville. Bien sûr, la vie de Bernadette ne s’est pas améliorée, car les enfants ont commencé à lui jeter des pierres et à la traiter de folle. Mais elle continua à marcher jusqu’à la grotte avec une ténacité enviable.

Bernadette Soubirous

La douzième fois, la « dame en robes légères » dit qu’elle était « l’Immaculée Conception ». Pas « Mère de Jésus » et non « Marie, conçue sans péché ». La fille parla également au prêtre à ce sujet, chose qui le surprit beaucoup. En fait, le prêtre lui-même n’avait appris que récemment le « dogme de l’Immaculée Conception ». Seulement quatre ans avant les événements décrits, ce dogme fut adopté par le pape Pie IX et consistait en ce que la Vierge Marie elle-même était conçue par ses parents de la manière habituelle, mais dès le moment de sa conception elle n’était entachée d’aucun péché. Dans ces détails, tous les prêtres même n’ont pas tout compris, sans parler de ce qu’il fallait dire à la fille analphabète.


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Publié dans « 5ème République » №17 – abonnez-vous au magazine

 
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