Rubrique
Paris

Adieu à la bonne Samaritaine

L’un des grands magasins le plus emblématique de Paris, La Samaritaine, restait vide près de dix ans. Selon l’information officielle, le problème consistait dans le fait que «le bâtiment ne répondait plus aux exigences des normes modernes de l’accueil d’un grand nombre de personnes, ainsi que son système de sécurité incendie était devenu obsolète». Mais chaque parisien certainement se rendait compte qu’il s’agissait là d’un banale partage de propriété, et qu’il n’y a rien à faire à ce sujet… Il faut seulement attendre.

Au départ «La Samaritaine» n’était qu’un simple kiosque sous un parapluie rouge sur le pont Neuf, où l’entrepreneur, Ernest Cognacq, vendait des tissus et des gants. Cependant, son commerce a pris une telle bonne ampleur que déjà en 1869 le marchand a pu prendre un local, juste la porte à côté d’un petit café sur la rue Monnaie. Il n’a pas fallut longtemps pour trouver le nom – une petite fontaine représentant la Samaritaine qui a abreuvé Jésus de l’eau, se tenait à proximité du kiosque d’Ernest, et probablement, il l’a beaucoup aimée.

samaritaine35-e1475167527428

L’expansion du business a entrainé aussi l’élargissement de la gamme de produits. C’est pourquoi dans la nouvelle boutique «La Samaritaine» de 48 mètres carrées on a commencé à vendre des vêtements. Ernest, en ce moment n’est déjà pas en mesure à faire face tout seul à l’accroissement de l’activité. C’est donc à ce moment que sa fiancée, Marie-Louse Jaÿ, ait dû se mettre, elle aussi, derrière le comptoir. Après deux années de succès commercial, le personnel a étendu à deux vendeurs. La chose étonnante, mais Ernest Cognacq a réussi de sa boutique dont la location s’élevait à 45 francs par jour à faire en quelques années un chiffre d’affaires annuel de 800 000 francs. En 1882, les ventes s’élevaient à plus de 6 millions, en 1898 – à 50 millions! Le succès financier incroyable pour ces années-là.

samaritain-insidesamaritaine

La fin du 19ème siècle est le début de construction de «Grand magasins». Monsieur Cognacq se rendit vite compte de la très bonne chance qui se présentait à lui. Il a acheté alors un énorme bout de terrain sur les rives de la Seine et a engagé l’architecte, Frantz Jourdain, afin que celui-ci lui crée «un local commercial, que Paris n’ait jamais connu». La construction a duré quatre ans, et en 1907 «La Samaritaine» a enfin ouvert ses portes au public languissant de curiosité.

Ernest Cognacq n’inventé rien de nouveau, mais il a tout simplement emprunté l’idée d’Aristide Boucicaut, le propriétaire du Le Bon Marché – magasin a du être divisé en sections. Mais il a amélioré cette idée. Maintenant, chaque section a non seulement des vendeurs, mais aussi des responsables, des petits patrons. Et pour faire asseoir le résultat, il est le premier au monde à introduire un outil de marketing révolutionnaire – «une offre de jour». De même, il est l’un des premiers à étiqueter des marchandises en mentionnant le prix pour que «l’offre du jour» se démarque du reste.

samaritaine30

Dans les années vingt du siècle dernier, «La Samaritaine» était en expansion continue jusqu’à ce qu’elle devienne le plus grand magasin de la ville, composée déjà de quatre bâtiments avec plus de 5000 employés. Ils ont travaillé en misant le tout, quitte’à perdre. Et après tout, il faut le remarquer, vers 1914, Ernest et Marie-Louise ont remis volontairement plus de 49% des actions du magasin aux employés, et ont introduit également des aides sociales rares à ces jours, telles que des pensions de vieillesse, des compensations de grossesse et des aides à la crèche.

Ernest Cognac a quitté ce monde en 1928, après avoir survécu son épouse bienaimée seulement de trois ans. Après leur mort, selon leur testament, le musée Coghacq-Jaÿ a été inauguré au 8 rue Elzévir, et la gestion du magasin lui-même a été transféré à leur neveu, Gabriel Cognacq. Mais après la Seconde Guerre mondiale, Gabriel a été congédié de ses fonctions pour la raison d’être accusé d’«aide aux nazis». Le magasin est alors passé aux mains de la famille Renand. A leurs yeux c’était un parfait endroit pour être une machine à faire le commerce. Son slogan publicitaire, appuyé d’une importante campagne publicitaire dans les années 1960, est resté dans la mémoire: « On trouve tout à La Samaritaine».
Les Renand ont essayé d’améliorer la fonctionnalité du bâtiment principal en installant des escalators et des ascenseurs. Mais ce n’était plus le goût des ses clients, non pas ce qu’ils voulaient. Dans les années 1990 la plupart des espaces de vente ferment. En 2001, «La Samaritaine» est complètement vendue au groupe LVMH, celui qui a racheté peu de temps avant Le Bon Marché. Les nouveaux propriétaires ont annoncé une suspension temporaire de travaux et une et la modernisation de l’urgence. Mais en 2005, le magasin a fermé ses portes définitivement.

samaritaine-double

En 2016, le tender de la rénovation du bâtiment a été remporté par la société SANAA. La façade a été complément fermée par les travaux. Et le nouveau projet ne laisse rien du bâtiment du ancien – par exemple, le mur donnant sur la rue de Rivoli va devenir celui, transparent, en plexi-glasse et métal. Cependant, ils ont promis de garder le fameux dôme de verre et les escaliers dans le style Art Déco – bien que pas grande, mais la consolation.

photos: Samaritaine project

Publié dans le magazine « 5ème République » №11 – abonnez-vous au magazine

← Suivez-nous et restez au courant !
[the_ad id="23190"]