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histoire

Vraiment bref histoire de bistrots

A vrai dire, même les Français ne comprennent pas vraiment d’où vient le mot « bistro ». La principale confusion est déjà dans l’écriture, mais après tout, les deux façons d’écrire sont bonnes: bistro et bistrot.

La version traditionnelle et la plus répandue de l’origine de ce mot serait l’histoire des cosaques russes, qui après une marche rapide à travers l’Europe sont arrivés à Paris et se sont installés à Montmartre. Cela semble logique – Napoléon est vaincu, les vainqueurs célèbrent. Ils pressent alors les serveurs, à leurs yeux trop lents, avec le mot «Bistro, bistro!» qui signifie «Vite, vite!». Sur le mur du restaurant La Mère Catherine sur la place du Tertre à Montmartre, à cette occasion est même accrochée une plaque commémorative.
Mais ce n’est qu’une légende. Même si elle est documentée par les Français.

Cependant, les linguistes sont indignés par l’anachronisme apparent. Selon le grand dictionnaire Larousse, le mot «bistro» n’est apparu dans la langue française pour la première fois qu’en 1884. Mais ce n’est pas si simple que cela. Larousse souligne l’étymologie des origines du mot: il serait transformé à partir des deux mots – «mastroquet» et «bistouille». Le premier mot vient de la région du Nord-Pas-de-Calais, le second – de Poitou-Charentes. Et çà et là, ils ne signifiaient rien d’autre qu’un mélange de café et d’eau-de-vie. La deuxième version est plus simple, et l’origine de ce mot devrait être recherchée dans le «bistingo» occitan, ce qui signifie «cabaret». La troisième provient de Poitou, du mot «bistraud» par lequel ont été appelés les apprentis des marchands de vin. Et les premiers établissements de fast-food à Paris ont été ouverts justement par les bougnats. Comme la plupart d’entre eux étaient des vendeurs de bois et de charbon, ils avaient pour habitude de boire quelque chose de fort, pas cher pour se saouler le plus rapidement possible. Cependant, il y avait aussi la nourriture, peu chère et riche.

Cela a donné naissance à une autre légende, mentionnée sur le site du ministère de la Culture. À la large diffusion du mot ont contribué … oui, encore les Russes. Les immigrants de la première vague souvent n’arrivèrent pas à se réaliser dans cette nouvelle vie, se résignant à devenir chauffeurs de taxi. Parmi eux furent pourtant des personnalités exceptionnelles de l’histoire de la Russie telles que le prince Obolensky, les généraux Pavel Shatilov et Ivan Borissevich et l’amiral légendaire Georgiï Stark qui se retrouvèrent sans foyer et sans autres moyens de vivre. La concurrence entre les chauffeurs de taxi russes et français était alors si rude que souvent, les nouveaux arrivants avaient tout juste le temps de faire un saut dans un café bon marché pour y boire rapidement un verre et avaler un morceau gras de saucisse auvergnate. Et après tout, il serait tout à fait possible que pressés, ils lançaient à l’homme derrière le comptoir de zinc le fameux mot «bistro!»

Publié dans le magazine « 5ème République » №15 – abonnez-vous au magazine

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